Histoire des implantations humaines
Un article de Patrimoine-Saint-Herblain.
Le territoire de l’actuelle commune de Saint-Herblain est délimité au Nord par le tracé de l’ancienne route de Nantes à Vannes, qui suit depuis l’époque romaine la crête entre les vallées de la Chézine et celle du Cens, et au Sud par l’ancien lit de la Loire entre les coteaux rocheux du sillon de Bretagne et les îles d’Indre. Vers l’Ouest, la limite communale suit le cours de ruisseaux, l’un affluent de la Chézine vers le Nord, l’autre descendant vers les zones humides de la Loire. Vers l’Est, la frontière est moins lisible, puisqu’elle traverse aujourd’hui des secteurs urbanisés en extension de Nantes. Ce territoire très vallonné, descendant globalement vers la Loire, est donc traversé par la vallée de la Chézine et par les vallées de ruisseaux perpendiculaires au fleuve. Il est marqué au Sud par des coteaux parfois abrupts, dominant le lit ancien du fleuve et les îles de Haute et Basse Indre.
L’urbanisation au cours des siècles
L’archéologie atteste d’implantations humaines anciennes, notamment romaines, disséminées sur l’ensemble du territoire communal. Le bourg ancien est implanté sur la route de Nantes à Couëron, qui longeait la Loire, au sommet des coteaux, à proximité de son croisement avec un chemin Nord-Sud rejoignant les îles d’Indre à travers les zones humides. L’église du bourg est aujourd’hui une des rares églises anciennes de l’agglomération. Même si elle a connu des interventions au XIXe siècle, elle date pour l’essentiel du XVe siècle. Elle est vouée à Saint-Hermeland, évangélisateur établi dès le 7e siècle à Indre.
Le territoire rural, longtemps recouvert de landes, paraît avoir été mis en valeur très tôt, si l’on en croît l’ancienneté de nombre de fermes et de maisons nobles, sans doute sous l’impulsion de communautés religieuses.
Hormis le bourg, qui semble avoir connu une extension modérée au XIXe et au début du XXe siècle au long de la voie Nantes-Couëron, et hormis les quartiers jouxtant Nantes, comme la Bouvardière ou la Barraudière, qui ont été bâtis de petites maisons en lotissements modestes, la commune n’a pas connu de bouleversements majeurs avant la deuxième partie du XXe siècle.
Le territoire rural de Saint-Herblain est alors devenu l’une des zones privilégiées de l’expansion de l’agglomération nantaise, avec la création de grands ensembles dès les années soixante, mais aussi avec le développement d’un habitat pavillonnaire (parfois expérimental comme le Village-Expo). Le « Sillon de Bretagne » reste le dernier symbole de cet urbanisme de masse. L’urbanisation « par zones » a longtemps caractérisé l’évolution de la commune, et lui donne aujourd’hui son caractère particulier : une alternance parfois déroutante de zones d’habitat collectif ou individuel, de zones d’activités ou de commerces, de la zone industrielle de la Loire, de zones restées rurales, de zones en devenir…
Cette caractéristique urbaine a été encore accrue par la traversée du territoire par de grandes infrastructures routières, le périphérique nantais du Nord au Sud, la nouvelle route de Vannes d’Est en Ouest. Depuis le XIXe siècle, la voie de chemin de fer longe le territoire au Sud, en levée dans l’ancien lit de la Loire, et effleure le bas du bourg. La gare n’a développé qu’un hameau resté peu urbanisé.
La force symbolique et économique des grands équipements commerciaux ou publics disséminés sur le territoire communal a fait perdre au bourg son statut de centre unique de la commune, d’autant que les parties urbanisées à l’Est de Saint-Herblain sont physiquement liées à l’agglomération de la ville de Nantes.
La commune construit aujourd’hui une nouvelle ère de son développement, basée sur l’aménagement d’un vaste parc urbain, le cours Hermeland, qui relie les 3 agglomérations de son territoire (le bourg, les quartiers Est, les quartiers Nord). Avec la vallée de la Chézine, et la ligne du tramway aménagée sur le principe d’un parc linéaire, Saint-Herblain trouve ainsi progressivement une nouvelle identité, « verte » et qualitative.
