Hôtel de Ville
Un article de Patrimoine-Saint-Herblain.
1936-1938
Construit sous le mandat du maire Jules de la Gournerie, l’Hôtel de Ville, bâti de 1936 à 1938 sur les plans de l’architecte Joëssel, est d’une typologie très inhabituelle pour ce type d’édifice. Plutôt que celle d’un bâtiment public, il possèdait l’allure d’un manoir campagnard, implanté en limite du petit bourg que Saint-Herblain était alors.
Son écriture architecturale l’apparente à première vue aux architectures bretonnes des XVI et XVIIes siècles : maçonneries en moellons de pierre dure et encadrements de granite, lucarnes à frontons cintrés, fenêtres à meneaux de pierre, hautes toitures d’ardoise à pignons débordants, gargouilles de pierre, encadrements moulurés des baies du rez-de-chaussée, boules de granite au sommet des pignons, etc.
A y regarder de plus près, on s’aperçoit vite que les influences ne sont pas uniquement bretonnes. Les trois hauts pignons successifs de la façade Ouest font fortement penser aux manoirs gothiques des campagnes anglaises. A l’opposé, la tourelle engagée, et son lanternon couvert d’ardoise, évoquent plutôt les styles nordiques de Belgique ou d’Allemagne. Ailleurs, les linteaux en béton, les pavés de verre, les jardinières formant appuis de fenêtres, ou les lettres de l’inscription « HÔTEL DE VILLE » du pignon sud, sont autant de références modernes, comme la corniche lisse sous le débord des toitures.
Une architecture éclectique, donc, c’est-à-dire mélangeant, dans un « collage » savant, des références de pays différents et d’époques diverses. Mais une architecture cependant clairement régionaliste, c’est-à-dire conçue en référence à l’idée que l’on pouvait alors se faire d’une architecture bretonne. L’architecture néo-bretonne, comme la néo-basque ou la néo-normande, apparaît dans certaines grandes villas balnéaires de la fin du XIXe siècle. On emprunte alors des éléments formels aux architectures des fermes et des manoirs anciens, tout en les agençant dans des compositions où la fantaisie et le « pittoresque » sont de mise. L’Hôtel de Ville de Saint-Herblain s’inscrit clairement dans cette lignée, tout en intégrant certaines des avancées techniques et stylistiques des premières décennies du XXe siècle (le béton ou les pavés de verre par exemple).
Les années 80
Devenu trop petit avec l’essor urbain de Saint-Herblain et le développement des services municipaux, l’Hôtel de Ville sera considérablement agrandi en 1985-1987, sur les plans des architectes Giraud-Mangin et J.-C. Foucaud.
Au sud, l’écriture architecturale prolonge l’esprit de la construction ancienne : toitures d’ardoise, enduits aux différents tons de beige, travées vitrées verticales se terminant en « lucarnes » arrondies. L’implantation de l’édifice joue la carte de l’urbanité, en ménageant une placette formant un parvis pour l’édifice. Le caractère d’édifice public est affirmé par une vaste porte d’entrée en partie centrale, surmontée d’une verrière formant pignon. Côté est, une aile en retour raccroche l’ensemble à l’alignement de la rue.
Au nord, l’édifice affecte une modernité plus assumée, en plan comme en façades, et s’ouvre par de larges parties vitrées.
Les années 2000
En 2006, une salle des mariages est ajoutée au nord de l’ensemble. Elle est conçue par les architectes de l’agence Forma 6 comme un espace autonome et largement ouvert sur le jardin qui l’entoure.
Afin d’augmenter les surfaces de bureaux disponibles, une nouvelle extension de l’Hôtel de Ville est prévue à court terme, au long du boulevard François Mitterrand et de la rue Walt Disney.
