Collège Ernest Renan : 40 ans...de souvenirs
Un article de Patrimoine-Saint-Herblain.
Mon dernier acte de prof
par Michel Frappart
Avec un soupçon de nostalgie et de fierté je racontais mon dernier acte de prof, ma dernière parole avec un élève de 6ème, un dernier vendredi de juin 2006, la dernière heure de cours, le dernier échange avec un garçon de douze ans : Grégory.
Il faut vite l’écrire, sinon tu vas oublier, m’a-t-on vivement recommandé !
Il faisait très beau ce jour-là, presque chaud. Nous revenions de la Gournerie pour une journée entière passée sur les chemins, dans le parc, avec des messages, des courses, l’enthousiasme des uns, l’indifférence des autres. Je restais sur l’exploit d’avoir rattrapé le dernier boomerang lancé et la promesse du carambar pour les joueurs, ultime récompense après la réussite, carambar qui ne sera jamais donné d’ailleurs. Nous rentrions donc physiquement fatigués, assoiffés et impatients d’une fin d’année de plus en plus imminente.
Pour moi c’était plus que cela mais je n’en mesurais ni la portée ni le sens.
Dernier retour, instantané ultime, la rue de la Blanche, le croisement avec le tramway. Le groupe des élèves s’effritait au fur et à mesure des quartiers, Preux, la Crémetterie, la Solvardière. Un par un, ils se délitaient. Restaient quelques derniers dont Grégory qui, doucement, imperceptiblement se rapprochait de moi.
Grégory était dans la classe de 6ème7 que j’encadrais depuis le mois de septembre 2005. Tranquillement sans élever la voix, il m’a dit :vous avez eu maman quand elle était petite, ah bon ! et où ça ?, à la piscine, et qu’est-ce qu’elle a fait!, elle a sauté dans vos bras !, pourquoi ?, parce qu’elle avait confiance en vous !
Et il a fui vers le quartier de « La Harlière », me laissant un peu plus seul, un léger sourire cependant.
Mes souvenirs du Collège Saint Renan par Cécile Augereau
Je suis du début du collège... 40 ans déjà ! Ouf ! Que le temps passe vite ! Je me souviens d'avoir débuté non pas dans le collège lui-même mais dansl'école du Soleil-Levant. Nous n'avons découvert le collège qu'en janvier. C'est aussi la première fois dans ma 'vie scolaire' que j'étais dans une classe mixte. Cela ne m'a pas donné beaucoup de difficultés, à la maison j'avais 4 frères … alors les garçons, je connaissais !!!
Mon souvenir le plus émouvant en 6ème
Lors de vacances chez mon grand-père, ce dernier avait tué, pour le manger, mon lapin préféré. C'était surtout la couleur de sa fourrure qui le distinguait des autres. Je lui ai demandé si je pouvais la garder. Je l'ai fait sécher au soleil, surveillant que les poules ne le picorent pas trop. Je l'ai ramenée à mon professeur de sciences naturelles. Elle l'a gentiment pris et l'a montré à toute la classe. Avec le recul et les connaissances en tannerie, que j'ai acquises depuis, je crois bien que j'ai du lui faire un cadeau 'empoisonné'. Cela devait sentir bien mauvais.
Dur dur l'apprentissage en 6ème et 5ème
Pendant deux années j'ai eu le même professeur d'anglais. Elle nous faisait apprendre les règles de la grammaire anglaise et en particulier, les verbes irréguliers, par cœur. Je n'ai pas très bien apprécié la méthode mais elle a porté ses fruits puisque les années suivantes j'ai toujours été félicitée sur les bonnes bases que j'avais. Et qui aurait dit que par la suite j'en serai encore plus contente... Vivant maintenant en Irlande ou l'anglais est une des deux langues nationales, avec l'irlandais ou gaélique.
Cours de dessin
Lors d'un cours de dessin avec M. Colou, nous étions appliqués à dessiner et notre professeur circulait dans la classe. A un moment, il se trouvait au fond de la classe et a dit : «Ne vous retournez pas !» Nous avons été trois à nous retourner ! Désobéissance ou curiosité? Pour moi, c'était la curiosité, je voulais savoir ce qu'il ne fallait pas regarder !!!
Mon souvenir le plus marquant (4ème ou 3ème?) Dans la classe de technologie de M. Rouault, j'ai triché un jour de contrôle. Avec ma camarade de classe, nous avions installé mon cahier ouvert posé sur nos deux cartables. Quand M. Rouault passait dans les rangs, je donnais un léger coup de pied dans le cahier pour le refermé et le faire glisser entre les cartables. Dès que le professeur était passé et avait encore le dos tourné, nous nous empressions de réinstaller le cahier. Cette tricherie m'a valu une très bonne note. Jusque là, je l'avoue, je n'avais toujours été que passable voir médiocre. Ce qui m'a le plus marqué est ce qui a suivi...M. Rouault me félicita devant toute la classe pour «cette bonne note méritée due à un bon travail». Je n'ai jamais eu aussi honte de ma vie et je n'ai jamais re-triché. Maintenant je me dis: «soit je sais, soit je ne sais pas!»
Mon souvenir le plus drôle en 3ème
En cours de musique, nous avions une professeur qui faisait sa dernière année avant la retraite. Cette vieille dame savait jouer de tous les instruments, piano, flûte, violon. Mais nous, du haut de nos 15 ans, nous ne savions pas reconnaître ses talents. Un jour elle a voulu nous faire entendre du Mozart. Mais les élèves étaient bruyants et elle a fini par arrêter le tourne-disque et nous a demandé ce que nous écouterions si nous pouvions choisir. Un garçon, Yannick Guillet (si mon souvenir des noms sont exact!) a répondu: «Johnny Halliday !» La pauvre a explosé en colère et elle a crié: «Maintenant les jeunes ils grattent sur des guitares et 'gueulent' dans des micros, c'est tout ce qu'ils savent faire» Elle ne devait pas apprécier Johnny Halliday à sa juste valeur!!! Je la comprends, je suis plutôt musique classique moi-même, mais je n'ai rien contre la musique d'aujourd'hui. Je l'écoute à la radio, je ne l'achète pas c'est tout!
Toujours en musique mais hors cours !
En 3ème, nous avions écrit une chanson sur l'air de «Ah! C'que c'est embêtant quand on est pas bien portant» de Thierry Le Luron. Etaient cités tous les élèves de la classe, suivi d'un adjectif qualifiant la personne !!! «Y’a Augereau qu'est ...» chaque adjectif rimait avec le nom mais j'ai oublié les paroles.
Monsieur Phu Thanh par Jean-Marc GOURAUD J’étais à "Renan" de 1977 à 1980, j'habitais juste en face, ma chambre donnait sur la cours, enfin, la deuxième cours, exactement. Parfois, j'étais tellement en retard, que j'entendais la cloche sonner au moment de quitter l'immeuble, et je courais à perdre haleine, espérant naïvement réussir à me faufiler discrètement dans le rang attribué à ma classe, devant le préau, avant la fin de la sonnerie... C'était peine perdue... Car rien n'échappait à l'œil acéré de M. Phu Thanh, le CPE de l'époque, redouté des élèves. En effet, il était plutôt impressionnant, dans son long imper de cuir noir, muni de son sifflet à roulette, outil professionnel indispensable à un exercice dévoué et rigoureux de la discipline... Alors je me retrouvais parfois à devoir "passer par son bureau" et m'acquitter d'un mot sur le carnet de correspondance. D'autre fois, mais ça c'est déjà après quelques années, vers la 4ème, je passais par le portillon "réservé aux profs", qui avait l'avantage d'être juste en face de l'entrée de mon immeuble et de me permettre ainsi de gagner un temps fou, surtout si j'avais cours dans le bout le plus éloigné du bâtiment. Mais le risque d'être pris en flagrant délit par le susnommé était si générateur de sueurs froides, que je n'ai du faire ce coup-là que très peu de fois, finalement. Ce que j'aimais bien, c'est quand il y avait une "heure de perm" parce qu'un cours avait sauté, ou parce que c'était dans l'emploi du temps. Nous avions le choix entre : bibliothèque du collège (ou plutôt "centre de documentation"), salle de permanence, ou bien cinéma. J'adorais la 3ème option par dessus tout. On nous passait des films en 16mm, je crois, des cours métrages documentaires (un peu vieillots, parfois) sur la CIA, ou le Tétanos (terrible, celui-là !)...ou aussi des petits films divertissants, comme une histoire de course de "tacots" avec des enfants québécois au drôle d'accent, ou Charlot soldat...Nous choisissions le programme en votant à main levée dans la salle de projection. Le film cassait bien souvent, surtout les "Charlot" et alors il fallait que le surveillant, ou " Phu Thanh " en personne vienne le "recoller", grâce à une petite boite prévue à cet effet. Il mettait les deux extrémités sectionnées du film dedans, bout à bout, refermait...et c'était réparé !...J'aimais bien l'ambiance de la projection, le bruit du projecteur. J'ai bien du revoir certains films plusieurs fois. C'est vraiment l'activité que je préférais au Collège. Au collège, il y a eu des profs que j'ai adoré, d'autre moins. A cet âge, on éprouve des sentiments très forts pour les autres. On commence à s'intéresser à des filles assises à côté en classe, à être fasciné par sa jeune prof de français... Je n'ai pas fait la classe de 3ème, ayant du partir un an en montagne pour des raisons de santé . Quoiqu'il en soit, ces 3 années m'ont marqué. Je crois pouvoir dire que j'ai été heureux durant mon passage au collège Renan.
Monsieur Phu-Thanh par Nathalie Rabévolo (Nathalie Suel ) J'ai 39 ans (presqu'aussi vieille que le collège !) et j'ai suivi ma scolarité à Ernest Renan. Je n'ai pas de souvenirs très marquants mais une personne me revient en mémoire lorsque je pense à ces années là c'est Monsieur Phu Thanh (conseiller d'éducation). Je me souviens de ses costumes clairs très élégants, de son accent et des ses formules très personnelles : il nous appelait tous garçon ou fille. "Eh! Toi, garçon là-bas!" Il finissait aussi la plupart de ses phrases par "n'est-ce pas". "Il ne faut pas arriver en retard, n'est-ce pas". Il nous faisait rire mais nous le respections et l'appréciions.
Hommage à Monsieur Phu-Thanh par Christophe LEFEVRE Allez vous ranger, n'est-ce pas ? C'est avec un ton impératif, qu'il se faisait respecter des collégiens. Connu sous le surnom de Mao, il fut surveillant général durant de nombreuses années au collège Ernest Renan. Craint par des générations d'élèves, Il ne faisait rien pour être apprécié. Et pourtant derrière son impassibilité et sa rigueur professionnelle se cachait un individu très différent. Monsieur Phu-Thanh était quelqu'un de bien. Je me rappelle une anecdote à son sujet. Si ma mémoire ne me fait pas défaut, c'était au printemps 1983. Un attroupement de plusieurs dizaines d'élèves s'était formé sous le préau pour encourager deux élèves qui se battaient. Monsieur Phu-Thanh est intervenu en fendant la foule, puis a séparé les deux jeunes... Quelques minutes plus tard. Un nouveau cercle d'élèves se forme sous le préau. On entend des : Allez, vas-y ! Casse lui la figure !". Monsieur Phu-Thanh, fend de nouveau la foule, tel un shérif au milieu d'un saloon. Mais, au lieu de trouver deux élèves se bagarrant au milieu du cercle, il ne trouve à ses pieds que deux cocottes en papier qui se font face !!! Je ne sais pas qui a eu cette idée, mais je le félicite. Pour une fois, Monsieur Phu-Thanh dû montrer qu'il avait également de l’humour.
40 ANS DE RENAN par Sebastien BROCHARD
Des souvenirs ça oui plein la tête mais le plus fort surement monsieur Phu Thanh avec ses "tu seras collé mon vieux ses pains au chocolat et ses bon appétit ses lunettes bleu de l'espace et son trousseau de clefs avec tout ce qu'il avait comme clefs il pouvait ouvrir surement n'importe quoi les descentes dans les W.C pour attraper les fumeurs a 10 heures et puis de très bon profs ,Mme Francois math,Mr Bouge francais, Mr Grandgien histoire,Mme Hubloux eps,Mme Suteau anglais, Mr Lefebvre histoire et puis le prof de techno dont j'ai oublié son nom mais pas son surnom jésus christ et puis de beaucoup moins bons que je ne citerai pas le nom Ma mère avait peur que je termine en CPPN avec mes mauvais résultats moi aussi d'ailleurs RENAN de 1988 a 1990 c'était un très bon souvenir.
Ma fille fait partie des "pionniers" !
par Gisèle Augereau (qui faisait bien partie de l'équipe municipale en 1977 !)
En effet, elle est entrée en collège en 1969. Comme Ernest Renan n'était pas terminé, les cours avaient lieu à l'école du Soleil Levant durant le premier trimestre 1969/1970.
Nous habitions alors dans la Crémetterie et, pour aller au collège, les enfants devaient traverser un champ (qui depuis est devenu le boulevard Allende). Je ne vous parle pas de l'état des chaussures !
La présence de la famille AUGEREAU a duré de 1970 à 1983 sans aucune interruption. Avec 6 enfants, c'est un peu normal, n'est-ce pas ? Toutefois, je dois préciser qu'en 1972, il y a eu 4 AUGEREAU dans le collège ( j'ai des jumeaux ) ! De plus, pour assurer la "soudure" entre les 2 derniers, l'avant-dernier, bien que reçu au brevet à 15 ans, a dû reprendre une année puisque l'école est obligatoire jusqu'à 16 ans et qu'il n'y avait pas de place ailleurs !
Faisant partie de la FCPE, nous organisions, en fin d'année scolaire, une bourse aux livres et nous prenions les commandes de nouveaux livres pour la future rentrée, livres que nous remettions aux parents un jour ou deux avant celle-ci. Je ne sais si ce système a perduré.
Au début, il n'y avait pas de salle de sport. Je ne me rappelle pas la date de sa construction ni celle de sa mise à disposition.
J'ai beaucoup de souvenirs sur le collège
par Cécile MOISDON
J'ai choisi d'en raconter deux. Pourquoi ceux-là? Parce que ce sont des souvenirs qui m'ont particulièrement marquée mais surtout qui ont contribué à façonner l'adulte que je suis devenue.
Je suis en 6ème et cette année, en français, on fait des fiches de lectures : tous les mois, on doit choisir un livre dans une liste puis produire un résumé de l’histoire. Le format est calibré : présentation des personnages, résumé, notre avis, (le tout sur une copie double grand carreaux / petit format).Or, je ne lis pas. Pas de livres en tout cas ! Première liste, premier choix, les révoltés du Bounty. Drôle de choix pour une fille ? Non. J’ai stratégiquement choisi ce livre car je me souviens avoir vu le film à la télé (avec Marlon Brando). Erreur : immédiatement, le livre me tombe des mains. L’histoire m’ennuie profondément. Et la lecture du livre s’éternise… jusqu’au soir fatidique où il faut rédiger cette fiche pour le lendemain. Je nous revois encore, ma mère et moi, attablées dans la cuisine, à 23h, accouchant difficilement de cette fameuse copie double. Une sinécure … Deuxième fiche de lecture : j’opte pour une autre stratégie. La liste en main, je fonce au CDI et, pour la première fois, je me laisse porter. Je déambule entre les rayonnages, je me promène de livre en livre. Je les soupèse (et oui…), scrute la couverture, lit le résumé, puis, je les ouvre. Je lis les premières lignes. Et j’en choisis un. Celui qui me fait envie. Celui que j’ai déjà commencé à lire au CDI. Je rentre chez moi avec un trésor dans mon sac : le plaisir de lire, plaisir qui ne me quittera plus. »
C’est un matin de décembre. Il est presque 8 heures. Il fait froid et nuit sous le préau du collège où j’attends que la cloche sonne le moment d’entrer en classe. Je suis en 5ème 8 au collège Renan. Mes copines arrivent au compte-gouttes, cherchent du regard notre groupe et se joignent à la conversation. Nous parlons tous de la même chose : Malik. Puis, c’est d’abord comme un bruit de fond, un souffle, comme si le brouhaha des voix enfantines prenait corps. Lentement, la clameur matinale cède la place à une respiration collective, spontanée, qui bat la mesure. 4 mots. Répétés, scandés, puis finalement hurlés à l’unisson dans ce petit matin du 8 décembre 1986 : Malik est mort, assassiné. La cloche sonne. Chacun se tait et rejoint sa classe.J’ai 12 ans et, en ce petit matin de décembre, je viens de perdre un peu d’innocence... et de grandir aussi.
J'ai été un des premiers élèves … par Patrick Voisine Le Bourhis J’ai été un des premiers élèves de ce collège à son inauguration... Patrick Voisine, à l'époque habitant St Herblain dans la rue de Morlaix. Il n'était pas prêt pour recevoir les collégiens dès la rentrée en septembre 1969... et nous avons dû faire notre rentrée à l'école du Soleil Levant (dans le quartier de la Crémetterie...). J'ai eu mon BEPC à l'issue de ces trois années de collège, et je suis rentré en Seconde C au lycée Albert Camus l'année scolaire suivante, et j'ai décroché le Bac D quelques années ensuite. Aujourd'hui je suis cadre technique à l'URSSAF de Maine-et-Loire (l'organisme qui recouvre les cotisations de sécurité sociale et des contributions).
Ernest Renan... 40 ans...
par Mathieu Vidard
Je garde peu de souvenirs de la 6 ème et de la 5 ème, les deux années qui vont suivre restent gravées dans ma mémoire. Cette 4 ème et 3 ème "expression" comme elles avaient été baptisées par nos professeurs. Deux années originales pendant lesquelles notre groupe d'élèves et de profs s'est engagé à explorer toutes les formes artistiques possibles: BD, vidéo, théâtre... Je me souviens en particulier d'une pièce que nous avions écrite autour de l'histoire du front populaire et des grèves de 36. Je campais le rôle d'un nationaliste autoritaire habillé d'un long manteau de cuir!!!
Ces deux années ont été essentielles dans mon parcours, et à toutes ces portes ouvertes sur l'expression, j'ai eu envie d'ajouter la radio. Cette radio qui accompagnait la maison du matin au soir toujours branchée sur France Inter. Je ne sais pas vraiment pourquoi, mais mes oreilles ont été attirées très tôt par ce qui se passait de l'autre coté du poste. Ces années étaient celles des radios libres. Cette explosion des ondes qui a vu naître dans toutes les villes de France des fréquences et des radios nouvelles. C'est ainsi qu'à Saint Herblain est née Radio Atlantic. Ses studios émettaient depuis le sillon de Bretagne. Alors âgé de 13 ans, je me suis présenté un jour à cette radio pour leur proposer d'animer une émission. Peu importait l'heure et la fréquence, j'étais simplement animé par ce rêve de "parler dans le micro". Et ça a marché. Le directeur de Radio Atlantic m'a confié une émission d'une heure une fois par mois le mercredi! J'avais baptisé ce programme "Entracte".... Me voilà donc lancé sur les ondes sans aucune expérience..... Je me souviens que j'invitais les copains de classe pour parler de nos problèmes et de notre vie d'adolescents... Et puis très vite j'ai eu envie de "monter" à Paris pour faire mes premières interviews. Cap sur la rue Cognac Jay. A cette époque, Christine Ockrent était la présentatrice du 20h. Coup de chance elle a accepté que je vienne l'interviewer. Accompagné de Jean Louis, notre professeur d'EMT, j'ai ainsi pu faire ma première interview dans le bureau de la Reine du 20h et la diffuser dans mon émission sur Radio Atlantic. Quel souvenir!
Ces premiers contacts avec l'univers radiophonique se sont ancrés en moi à tout jamais. Et quelques années plus tard lorsque le bac en poche, j'ai pensé à un métier, l'animation radio est revenue tout naturellement à mon esprit.
Je reste étonné de voir le lien direct qui existe entre ces années à Renan, ces expériences artistiques et mon travail aujourd'hui à France Inter. C'est dans ces découvertes de l'enfance qu'a grandi le germe de ma passion pour les rencontres derrière le micro. Cette passion ne s'est jamais tarie. Mon rêve s'est réalisé et se poursuit tous les jours sur les ondes.
Je reste intimement persuadé que toutes les passions de l'enfance peuvent s'épanouir. J'ai eu la chance, avec les élèves de ma classe, de croiser sur ma route des professeurs qui ont osé autre chose et qui ont fait voler en éclat les programmes pédagogiques classiques pour tenter quelque chose de nouveau. Cette porte ouverte sur l'imaginaire et l'expression a, j'en suis sûr, marqué beaucoup d'entre nous. J'encourage tous les élèves qui sentent battre le rythme de la curiosité, à ne jamais abandonner cet écho qui raisonne en eux. Chacun peut y arriver quel que soit le milieu d'où l'on vient. Il suffit de rester ouvert à tout ce qui s'anime autour de soi pour, petit à petit, conquérir ces horizons intimes. Bon anniversaire à notre collège et merci à tous ceux qui ont participé à le rendre plus vivant."
UNSS ou ASSU par Jean Marc PHILIPPOT Je me souviens avoir joué au hand ball a l'assu avec comme entraineur Mr Frappar et avoir ramporté le titre départemental .
Je me souviens … Ernest Renan par Brigitte Ayrault Les plus grands moments vécus au collège, ceux qui ont fait naître le plus d’émotions, autant pour les élèves que pour moi, furent ceux passés dans les projets , souvent transdisciplinaires, si riches en découvertes multiples et variées. Le plus fort fut sûrement celui de la rédaction du « Passeur » avec J Fr Morange puisqu’après avoir écrit la nouvelle, nous avons dû l’adapter pour le théâtre et à la vidéo… Mais d’autres vont en parler… Alors j’évoquerai un souvenir plus ancien. Je me souviens d’une semaine‐poésie que j’avais organisée dans le Castelbriantais, chez le poète Philippe Truchon (dit Phil Truc) . Plongés dans un bain de nature et d’authenticité, nous résidions dans sa ferme. Les conditions d’hébergement étaient spartiates : nous couchions dans nos duvets sur la paille, dans un vieux grenier auquel nous accédions par une échelle de meunier. Les fils électriques couraient à même le sol ! Mais peu importait à Phil Truc qui nous déclamait ses poèmes le soir, avec une ferveur contagieuse… J’ai quand même eu la peur de ma vie qu’il n’arrive un accident mais tout s’est remarquablement bien passé… A l’époque, le fameux « principe de précaution » n’avait pas encore droit de cité et n’entravait pas de telles initiatives… On a du mal à imaginer une telle prise de risques aujourd’hui… Mais l’aventure d’alors fut tellement romantique !
1981 à 1986. Quelques souvenirs à Renan. par Françoise Lefeuvre. Une période charnière et pleine d’évolution : Petite fille lorsque j’entre en 6ème et jeune ado lorsque je quitte le collège. Je me souviens qu’en 6ème, je vomissais tous les lundis matins à 8h. J’ai passé la plupart des cours de dessin de madame Lebec à l’infirmerie. Une allergie à l’école ? Je me souviens des marches du bâtiment C sur lesquelles on s’asseyait pendant les récrés. Je me souviens des costumes de monsieur Phu Thanh Je me souviens de années en 4ème / 3ème. Des années bouleversées par une nouvelle façon d’enseignement qu’on avait baptisée « La Classe Expression ». Théâtre, vidéo, et nouveaux rapports avec les profs. Enfin l’école me plaisait ! Je me souviens de ce jour où Madame Avedissian ( ?) nous proposa de faire le cours de math dehors, un jour de printemps. C’était magique ! On était à l’école sans avoir l’impression d’y être ! On se sentait libre, on nous donnait la parole. Je me souviens de cette sensation rassurante liée au groupe. On était très motivés. Un groupe solidaire et moteur. Des courts-métrages aux pièces de théâtre, de l’écriture, en passant par les répétitions, on s’investissait tous à fond ! Tout ça est gravé dans ma mémoire. Je me souviens des bastons devant la grille du collège, des premières cigarettes et des soirées avec la Jenlain. Je me souviens de mon premier amour… de ce voyage en Angleterre et de la traversée sur le Ferry. Nous deux sur le pont, le nez au vent, avec « Indochine » dans les oreilles : Quelle liberté !
Bonjour Madame Ayrault ! par Sophie Mondini-Trividic Je vous ai eu comme enseignante en 6ème. Je ne sais pas si vous vous en souvenez. Je me rappelle notamment une lecture de Liberté de Paul Eluard sur le monument aux morts avec un manteau trop court tricoté amoureusement par ma mère et dont une photo de presse de Ouest France peut encore aujourd'hui porter témoignage... Je me rappelle aussi de ces terribles dictées dont je me sortais bon an mal an avec un zéro, un ou tout au plus deux !!!! Aujourd'hui... je suis professeur documentaliste ! Et il m'arrive aussi de pester contre l'inculture des élèves, leur illettrisme, leur indifférence concernant des questions essentielles... comme le droit à la culture pour tous... Finalement je suis toujours idéaliste et passionnée ! A douze ans je ne le savais pas encore... L'amour des mots est venu plus tard... Après Ernest Renan, je suis allée à Albert Camus... L'engagement politique des élèves et des enseignants a été ma première expérience citoyenne de la révolte. Les grandes manifestations de 1988, 19991... J'ai ensuite fait la fac de Lettres, en option communication. Et après une maîtrise de lettres validée par un mémoire sur Nikos Kazantzaki, je me suis exilée en Aix en Provence où j'ai découvert l'été jusqu'en novembre !! Une maîtrise en sciences et techniques en médiation culturelle. Puis à Marseille, où j'ai travaillé comme chargée de communication pour l'ensemble vocal et instrumental Musicatreize... Une lassitude du grand monde artistique trop élitiste à mon goût, et je me lance dans la préparation du capes de documentation en candidate libre. Miracle, je suis reçue ! Une nouvelle vie professionnelle commence avec une nouvelle vie de famille. Gabriel naît 6 mois plus tard... C'était il y a 4 ans. Aujourd'hui, je suis aussi maman de Margot, un an... et je travaille à mi temps bien décidée à profiter pleinement de ces beaux moments. D'Ernest Renan, je me rappelle aussi des lunettes colorées de M. Phu Thanh... (ce nom sonnait comme Dark Vador pour nous !!!) ; de la cohabitation avec les filières pro pas toujours facile, de l'alerte à la pollution industrielle en 1986, du grand réfectoire (et bizarrement pas de la bibliothèque !) ; du séjour à la BERNERIE et aussi le premier, à la Gournerie au château avec une course d'orientation, et une promenade nocturne aux lampes torches dans les petits bois... Finalement pas mal de choses et de bons souvenirs dans ces premières années d'adolescence, même si, décidément, elles ne me paraissent pas êtres les plus enjouées !
Ernest Renan de 1992 à 1996 par Claire David Au cours de mes études et de ces premières années en situation professionnelle, j’ai souvent pensé que mes années au collège furent un jalon important dans mon parcours. 1.Le collège Renan, c’était une ouverture vers d’autres cultures, d’autres catégories socioprofessionnelles – dans ce maillage fragile, à 11-12 ans, j’ai vite appris les codes, les manières de parler en classe et sur la cour, les attitudes adaptées vis-à-vis de tel ou tel interlocuteur. L’objectif était de se faire des amis et parfois éviter les menaces d’altercations à la sortie du collège - on est pas tendre lorsqu’on a 12-13 ans ! •De manière condensée et accélérée dans ce collège de la diversité, je commençais à apprendre des compétences de savoir-être que j’active actuellement tous les jours dans mon activité professionnelle : la capacité à ajuster son comportement, s’adapter à son interlocuteur - on ne s’adresse pas de la même manière à un Maire ou à un dirigeant de PME, à un espagnol ou à un indien… •Cette ouverture vers d’autres cultures a aussi surement contribué à mon envie de voyager, de découvrir d’autres manières de vivre et de penser : rapidement, j’ai utilisé les partenariats internationaux, et les systèmes de bourses qu’offre le système universitaire pour étudier ou faire des stages en Espagne, au Mexique, en Finlande et en Inde. 2.Le collège Renan, c’était également une équipe pédagogique soudée et très impliquée dans sa mission. Des professeurs qui, d’une part, dispensaient les fondamentaux théoriques qui nous armaient déjà pour le bac ; d’autre part, cette équipe partageait un socle commun, la persévérance, l’ambition pour ses élèves, l’équité, la rigueur, l’écoute… Je me souviens entre autre, d’une intervention de Mme Ayrault entre 2 cours de grammaire, qui dans un discours très franc, nous indiquait que seuls quelques-uns d’entre nous rentreraient en « prépa », mais qu’il était important de se battre, et de travailler dur… Finalement je n’ai pas fait de prépa, mais j’ai retenu que le champ était ouvert pour tout le monde… Je n’oublierai pas M. Phu-Thanh, gardien de l’autorité au quotidien dans la cour de récréation. Il a beaucoup contribué au maintien de la discipline et du respect des uns envers les autres. 3.Le collège Renan, ce fut également le rôle de délégué de classe… 2 ans de théâtre avec Michel Frappart, un voyage en Angleterre dans une famille qui nous faisait manger des hamburgers au petit déjeuner… et beaucoup d’autres expériences variées… En résumé, ce passage au collège entre les cours en classe et la vie dans la cour ont fait levier sur mon ambition, ma capacité d’adaptation, de créativité, de prise de risque, d’écoute… Des compétences à activer tous les jours. J’ai souvent pensé envoyer une lettre à l’équipe pédagogique pour la remercier, ce témoignage me permet de concrétiser ce souhait.
Je me souviens (après 20 ans) texte collectif Souvenirs profs/élèves D’après Perrec Je me souviens des premiers pas d'Armstrong sur la lune. Je me souviens de mon premier regard sur le collège = une rangée de parpaings. Je me souviens de la rentrée scolaire à l'école du Soleil Levant. Je me souviens avoir compté les centaines d'assiettes, de cuillères, de fourchettes, de couteaux empilés par terre. Je me souviens avoir tapé sur ma machine personnelle la première lettre du Collège adressée à la mairie de Couëron. Je me souviens de la peinture rouge sur les fenêtres. Je me souviens du collège sans arbres, sans pelouse, sans œuvre d'art. Je me souviens des repas pris à la Rabotière. Je me souviens de la mort de DE GAULLE. Je me souviens des salles froides au Nord et chaudes au Sud. Je me souviens de Peter le Néo Zélandais, Graham l'Anglais. Je me souviens de la grande panne d'électricité et plus tard celle du chauffage. Je me souviens du sous directeur avant qu'il ne devienne principal-adjoint. Je me souviens de m'être laissé distraire par les cris d'oiseaux pendant que les élèves faisaient un devoir. Je me souviens de ma première surveillance dans la cour, le principal étant en haut des escaliers. Je me souviens du mégaphone, du Conseiller d'Education. Je me souviens des élèves qui jouaient aux cartes dans la bibliothèque. Je me souviens du couscous de fin d'année et du Balapapa. Je me souviens des allées couvertes écroulées. Je me souviens de la mine réjouie de collègues le lendemain d'élection. Je me souviens de la mine déconfite des mêmes collègues, (ce n'était pas la même élection). Je me souviens des séjours à la Gournerie et des jeux de nuit. Je me souviens du jour où 100 % des collègues étaient en grève. Je me souviens de Patrick en pleine crise d'hémorroïdes, pédalant en danseuse pendant 100 km sur les routes d'Irlande. Je me souviens que deux jours après mon arrivée, un collègue m'aborde et me demande : "Est-ce-que t'as vu Pire". Je me souviens de la 2CV retrouvée sur le toit. Je me souviens du Colley d'Ecosse du Principal. Je me souviens du nuage toxique. Je me souviens des pizzas du Chef après les Conseils d'Administration. Je me souviens des Tagadirt Je me souviens des dessins de DAMOUR dans le couloir de l'Administration. Je me souviens des travaux manuels, de l'EMT, de la techno, des AT. Je me souviens d'avoir chanté de Nantes à Montaigu après un repas de Noël. Je me souviens des photos de classe. Je me souviens des parents d'élèves qui cherchaient partout Mr MAO. Je me souviens de mon sourire en voyant dans mon rapport administratif le T.B. en ponctualité. Je me souviens du jour où les soldats du feu nous reçurent dans leur bras du bout de la grande échelle, pour nous sauver des flammes qui dévoraient le 2e étage. Je me souviens des deux premiers rangs toujours libres le jour de la réunion de pré-rentrée. Je me souviens de ne l'avoir pas reconnu parce qu'il avait rasé sa barbe. Je me souviens du rubis cube. Je me souviens de la salle de cinéma. Je me souviens de Maurice. Je me souviens d'avoir protesté parce que la nouvelle salle des professeurs était au 1er étage (ça n'a pas duré longtemps). Je me souviens de mes deux premières journées de rentrée mouvementées (en sept 84). Je me souviens de la réforme Haby Je me souviens d'avoir téléphoné de Berlin pour dire que tout allait bien. Je me souviens d'avoir lu en Normandie dans Ouest France un article sur l'intégration des trisomiques. Je me souviens de la danse des canards. Je me souviens de : "Demain j'enlève le bas". Je me souviens de la mort de John LENON. Je me souviens de TRS, T07, M05, M06 et ce n'était pas une bataille navale Je me souviens d'être revenu exprès remplir le bulletin des 6e 13 et de n'avoir pas trouvé leur carnet Je me souviens des nouveaux programmes. Je me souviens de la présentation de l'exposition sur « Saint-Herblain 21. 81 » le jour de la fête des écoles nous étions fiers du résultat pourtant je restais impuissant face à ses pleurs. Je me souviens d'avoir fait des bêtises mais je ne dirai pas lesquelles Je me souviens de l'antenne parabolique. Je me souviens de la mort du BEPC puis de la naissance du Brevet des Collèges. Je me souviens des 10 %. Je me souviens des grilles forgées dans les ateliers de la SES. Je me souviens de la prof d'Italien qui a opté pour Mme DURAND à la place de Mlle CAPASSO. Je me souviens des 20 km parcourus en vélo sous la pluie, avec des CPPN, crevant 10 fois. A l'arrivée Jacqueline avait oublié les vêtements secs. Je me souviens des classes de transition. Je me souviens "d'un estuaire pourquoi faire" réalisé au C R A N. Je me souviens des chagrins d'amour après la Gournerie, Bonne Anse, Saint-Malo et Arzal. Je me souviens de l'hostilité des élèves parce que je remplaçais leur prof de français Je me souviens de Wilfrid qui s'est évanoui pendant la représentation de "Pourquoi pas nous". Je me souviens du Passeur Je me souviens des installations sportives laissées inemployées. Je me souviens des matchs profs-élèves où malgré notre gardien de but nous avions perdu 8 à 7.
En 1988 par Elise Ayrault La première année au collège (pour moi en 1988), c'est difficile… Difficile parce qu'après avoir été les grands à l'école primaire, on devient les petits "à la grande école". Difficile parce qu'après avoir eu le même instit pendant toute l’année, on passe à un prof par matière. Difficile parce que pour la première fois, on doit gérer notre emploi du temps et jongler avec les horaires. Difficile parce qu'on doit choisir une langue étrangère qui nous suivra tout le reste de notre scolarité et nous vaudra, dans mon cas, un léger 10 au bac (pardon Monsieur Lemellionec…) . Difficile parce qu'on sort du petit cocon pour se lancer dans la cour des grands… Certes entre l'école primaire de la Rabotière et le collège Ernest Renan il n'y a qu'une rue à traverser. Mais cette simple rue agit comme une frontière. On passe de l'enfance à l'adolescence. On arrive avec son cartable "Tan" sur le dos et on repart avec un sac "U.S" au bras et des "Docs Martens" aux pieds. On entre en serrant les lèvres pour ne pas (trop) montrer son appareil dentaire et on en ressort avec de l'acné (vive la puberté!) et si possible son brevet des collèges. A mon époque, le gardien de cette transition se nommait Mr Phu Thanh. Craint et respecté à la fois, il incarnait l'autorité suprême dès le portal franchi. Avec son inimitable accent (que pourtant bien des inconscients se sont risqués à parodier) il faisait régner l'ordre en deux temps trois mouvements. Je pense que tous les jeunes qui ont été élèves à Renan sous son "règne" se souviennent de lui, sans exception. Ils ont peut être oublié le nom de leur prof de maths, qui leur a pourtant appris le théorème de Pythagore, ou celui de leur prof d'EMT, qui les a aidés à fabriquer un "alarme sac" ou autre "porte-balai", mais celui de leur grand favori, jamais. Alors si je ne devais retenir qu'un souvenir de Renan, son immense cour, son préau sombre et ses fenêtres blanches et bleues, ça serait celui de Mr Phu Thanh, dont je n'ai jamais connu le prénom mais dont le nom résonne encore, comme la cloche de fin de recrée, dans ma tête et dans mon cœur…
Prévention par Jorge stirling, Chantal Giquélé, Franck Sina Ce qui fait la force d'un quartier, ce sont ses habitants. Ce qui fait la force d'un établissement scolaire, c'est la capacité de son équipe éducative à tirer le meilleur partie de ses élevés et de son environnement. La ville est là, avec ses forces et ses faiblesses. Elle est ce que l'on en fait collectivement. Elle est absente si on se referme sur soi. Elle devient un formidable vivier si l'on s'ouvre et partage. Nous avons eu la chance, dans notre pratique professionnelle, de croiser les équipes de Renan et plus particulièrement certains principaux qui se sont fortement impliqués autour d'une question complexe. Celle de la prévention. Nous y avons côtoyé des chefs d'établissements exigeants, avec qui nous avons pu aller loin dans l'expérimentation de dispositif de prévention, loin dans la volonté d'éviter à certains élèves déjà confrontés à des difficultés d'aller s'égarer dans des impasses. Si au fil du temps la Ville de Saint-Herblain a acquis un savoir faire sur cette question et une notoriété auprès des ministères, si des plans ont pu se décliner sur l'ensemble des établissements Herblinois et ensuite déborder sur d'autres communes, c'est qu'au départ, il y a eu RENAN. Un laboratoire, un exemple et au bout du compte une fabuleuse force d'entrainement pour tous. Comme il paraît que nous sommes limités en espace, nous irons à l'essentiel. Nous avons eu de la joie et de la chance de vous connaître!
En 2001à2004 par Coralie Dargouse Le premier souvenir qui me vient à l’esprit est la visite à l’Assemblée Nationale (en 3ème) et la participation à une séance. Ce moment m’a beaucoup marqué. La première impression, assez surprenante, a été de ce dire que les députés se tenaient encore moins bien à l’Assemblée Nationale que des élèves de ZEP en cours. En effet, avant d’accéder aux balcons, on nous a énuméré beaucoup de règles à respecter : ne pas parler, ne pas sourire, se tenir droit, ne pas applaudir, ne pas mettre les coude sur la rambarde,… Je me souviens que nous étions très impressionnés, on a tout respecté sans aucun écart. Et nous étions plus que surpris de voir que les députés eux ne respectaient pas du tout ce code : certains parlaient, criaient, lisaient le journal, dormaient, ce passaient des petits mots par le biais des hommes en costumes noirs à queue-de-pie,… On est ressorti de cette visite, surpris, impressionné, avec l’impression d’avoir été privilégiée du fait d’avoir pu rentrer dans un tel lieu. Et contrairement à ce qu’on pourrait penser, cette expérience ne m’a pas du tout dégoûtée de la politique, bien au contraire !
Deuxième souvenir : mes cours de français avec Mme Ayrault en 3ème. Et plus particulièrement deux rédactions : l’une sur la dénonciation d’un fait ou d’une attitude, et la deuxième sur la rédaction d’une « une » de journal (et plus particulièrement l’éditorial). J’étais timide, je n’exprimais pas beaucoup mon point de vue à l’oral, ces rédactions étaient comme des défouloirs où je pouvais m’exprimer comme je voulais. Je me souviens avoir choisit les thèmes du racisme et des hommes politiques « menteurs » (en m’appuyant, je crois, sur l’exemple de la guerre en Irak). Les résultats étaient souvent assez corsés. Mais c’est, je pense, ce qui a été la première étape pour arriver à mon implication actuelle dans certains projets (réunion participative sur le développement durable, membre du Comité de pilotage de l’agenda 21 de l’Université de Nantes,…). Je suis actuellement en dernière année de licence biologie de l’Environnement à la Fac de Sciences de Nantes et à chaque oral on me dit que je suis très à l’aise pour parler en public. Les choses ont changées !
Tous les souvenirs ne sont pas forcément bons, je suis passée par les classes dures, j’ai vu des conseils de disciplines, incidents graves, situations familiales difficiles, … mais je ne regrette absolument pas ces souvenirs. Je pense au contraire qu’ils ont été très importants pour comprendre le monde qui m’entoure, être tolérante,… Et les bons souvenirs sont nombreux. Et je pense que le but principal a été rempli : me donner envie d’apprendre, d’être curieuse, d’avoir envie de découvrir le monde et d’essayer de changer les choses. Le collège m’a donc apporté des connaissances scolaires fortes mais aussi une connaissance du monde qui m’entoure ce qui est tout aussi important de mon point de vue. D’ailleurs, à la fin de ma dernière année, ayant plus de 17 de moyenne, on m’a proposé d’aller dans un « bon » lycée, j’ai choisi d’aller à Camus pour continuer à suivre les valeurs que j’ai apprises, en partie, grâce à ce collège. Et Camus s’est révélé être un BON collège (je conseille donc aux profs de Renan d’envoyer d’avantage leurs bons élèves dans des lycées comme Camus où ils pourront continuer à aimer apprendre !).
DeToronto par sandrine Le Crann Je m’appelle Sandrine Le Crann et j’étais au Collège Renan de 1974 à 1977 (je pense!). J’aimerais amener un témoignage rapide de mon expérience scolaire il y’a si longtemps déjà. Je vis à Toronto, Canada depuis 24 ans maintenant (j’ai 45 ans) et un ancien ami de classe m’a retrouve et m’a informé de cette célébration. Je ne viens malheureusement pas en France cette année alors je ne pourrais pas assister à cet événement. Je me rappelle arriver dans ce collège qui me semblait si grand à l’époque. Mon frère et ma sœur était déjà à Renan alors a chaque fois que j’avais un nouveau prof on me demandait : “Êtes-vous la sœur de Corinne et Christian ? Oui monsieur, oui madame!” Je me souviens aussi du proviseur (?) qui avait été surnommé Mao car Il était asiatique (terrible surnom!). Il était strict, mais je me souviens surtout d’un homme très gentil qui aimait les enfants malgré son aspect sévère! Et il avait fort à faire avec les jeunes du quartier! Je garde de très bon souvenir de cette époque. Mme Chausson ma prof d’anglais était très sympa. Je me souviens qu’elle avait ensuite déménagé dans l’est de la France.Je me souviens aussi de Mme N’Guyen Tru Dong. Que de souvenirs. Bonne célébration au collège Renan et bonjour a tous mes anciens camarades de classe. Pas vaiment de souvenirs r par maryse Bourgoin sauf peut-être l'annonce du mariage de Melle LOUDES, qui allait devenir Mme BOCQUET, ou BOCQUEL je ne sais plus, les chants de "Collé au plafond" pour Mr COLLEAUX prof de musique, notre surveillant en chef que l'on avait surnommé "Mao" en raison de ses origines asiatiques...(c'est bête un collégien), ou l'année où M LE GAC s'est présenté aux élections municipales, et a été battu
Surtout une volonté de retrouver du monde (je ferai alors le voyage) :
Mme CORVE, super prof que j'aimerais bien retrouver, Mme NGUYEN TRI DONG qui nous faisait cours d'hist géo et instruction civique Mr BEDEL que j'ai retrouvé Melle LEBEC en dessin aussi m'a marquée, mais pas fait améliorer mon niveau artistique Un ancien qui a reçu le journal avant nous ,le commente et complète son premier souvenir…par Christophe LEFEVRE Merci beaucoup pour ce journal, je l'ai lu d'une traite et il ne pas paru long du tout. On n'en redemanderait. Ah, nostalgie quand tu nous tiens ! Quelle ironie. J'avais rédigé un texte au sujet de Monsieur Phu-Thanh, craignant que personne ne pense à lui !!! Et voilà que ce journal est devenu un véritable plébiscite pour cet homme (où personne ne fait même de faute en écrivant son nom de famille !), j'espère sincèrement que vous parviendrez à lui remettre un exemplaire si c'est possible... car cela devrait lui faire chaud au coeur de constater à quel point tant de personnes lui sont reconnaissantes d'avoir été rigoureux et juste à la fois.
Du coup je suis un peu frustré, car personne n'a vraiment parlé de Monsieur Maurice Pavageau (professeur de Français). Faudra-t-il attendre 2020 et les 50 ans du collège pour que l'on parle de lui ? C'est dommage, car je n'avais pas envoyé ce paragraphe persuadé qu'il serait redondant...
"Mes meilleurs souvenirs du collège datent de l'année scolaire 1982-1983, en 3ème 2. J'avais été orienté dans une classe au niveau largement supérieur au mien. J'ai accumulé les plus mauvaises notes de toute ma scolarité, m'offrant un tour gratuit d'un an à Ernest Renan ! Durant toute l'année, Monsieur Pavageau avait été un professeur de français qui sortait de l'ordinaire, mais les mois de mai et de juin 1983, furent extraordinaires. Nous avons préparé avec lui une pièce de théâtre La ville d'Ys que nous avons présenté devant les parents. Puis nous sommes partis en sa compagnie, Monsieur Frappart (et sa fille !) une semaine en stage de voile aux Glenans sur la petite île de Bananec : ce furent des moments inoubliables !"
J'étais persuadé que nous avions été nombreux dans ce cas et que je ne serais qu'un témoignage de plus, apparemment il n'en est rien et j'en suis désolé pour sa mémoire, lui qui nous avait quitté trop tôt.
Un chaleureux merci à tous pour avoir recherché dans votre mémoire et permis ainsi de partager des moments de vie du collège E. Renan.
