Architecture rurale ancienne
Un article de Patrimoine-Saint-Herblain.
Par rapport à bien d’autres communes de Loire-Atlantique, on note à Saint-Herblain une exceptionnelle fréquence d’architectures rurales très anciennes, des XV, XVI et XVIIes siècles.
Ce bâti se caractérise par des maçonneries majoritairement édifiées en moellons de granite beige, avec des encadrements de la même pierre. Les toitures sont hautes, à forte pente, et les pignons débordent souvent en « rondelis » (rangs de pierre dépassant de la toiture). Ces principes s’appliquent à tous les niveaux de richesse, qu’il s’agisse de petites maisons d’une ou deux pièces, de maisons de bourg, de grandes fermes à plusieurs foyers ou de maison nobles. Les volumes sont simples et massifs, percés de petites ouvertures. Les combles n’ont pas de lucarnes.
Les encadrements de portes et de baies, en grosses pierres de forme irrégulière, sont particulièrement remarquables. En raison de l’utilisation de la pierre de granite, leurs caractéristiques s’apparentent à celles des architectures rencontrées par exemple à Guérande ou dans le Morbihan : portes à linteaux en plein cintre, fenêtres à linteaux droits décorés d’accolades, angles chanfreinés, appuis de fenêtres moulurés, etc. Les décors sont rares et simples, car la pierre est difficile à travailler, et la qualité d’ensemble tient aux proportions des ouvertures et des pierres utilisées.
Corrélativement à cette grande proportion d’architectures de l’Ancien Régime, on observe un faible pourcentage de bâtiments ruraux du XIXe siècle, qui sont fréquents dans le reste de l’agglomération nantaise (avec leurs longères à lucarnes, leurs métairies ordonnancées, leurs encadrements de brique).
La présence de ce riche patrimoine ancien témoigne à la fois de la prospérité du territoire de Saint-Herblain du XVe au XVIIe siècles, et de l’absence d’importantes mutations agricoles au cours du XIXe siècle.
